جماعة الدشيرة الجهادية
La Réflexion dans l'Action.

Sidati dénonce le "jeu très pernicieux" de la Commission européenne

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BRUXELLES – Le ministre sahraoui délégué pour l’Europe, Mohamed Sidati a dénoncé, mercredi à Bruxelles, le « jeu très pernicieux » de la Commission européenne qui veut exclure le Front Polisario des négociations sur l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental et contourner les décisions de la Cour européenne de justice.
« Nous assistons à un jeu très pernicieux au niveau de la Commission européenne qui essaye soit d’écarter le Front Polisario, soit de le marginaliser et surtout de contourner les décisions de la CJUE », a-t-il déclaré à l’APS.
Le ministre sahraoui fait état, à ce titre, de l’existence d’une tentative d’opération de brigandage à grande échelle: à l’échelle européenne et à l’échelle internationale en ce qui concerne les ressources naturelles et le statut du Sahara occidental ».
Mohamed Sidati a réitéré, dans ce contexte, son appel au respect et à la pleine mise en oeuvre par l’UE de l’arrêt de la Cour de justice du 21 décembre 2016 qui a été « renforcé et corroboré » par les conclusions de l’avocat général au sujet de l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc « en déclarant cet accord invalide et contraire à la légalité internationale ».
Pour le ministre sahraoui, les conclusions de l’avocat général de la CJUE « tranchent nettement par leurs clarté » toute attache du Sahara occidental avec le Maroc en rappelant que le Maroc est une force occupante sur ce territoire et en soulignant que l’UE viole le droit international car elle a manqué à son obligation de ne pas reconnaitre une situation illégale qui est celle de l’occupation du Sahara occidental.
« Je pense que les conclusions de l’avocat général sont un signe avant coureur de ce que décidera la cour de justice européenne » qui doit prononcer son jugement dans l’affaire de l’association britannique Western Sahara Campaign (WSC) qui conteste la validité de l’accord de pêche UE-Maroc, a-t-il soutenu.
L’avocat général de la CJUE, Melchior Wathelet, avait conclu que l’accord de pêche UE-Maroc est invalide du fait qu’il s’applique au Sahara occidental et aux eaux y adjacentes.
Selon cet avocat, en concluant cet accord, l’Union a violé son obligation de respecter le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination ainsi que de ne pas reconnaître une situation illicite découlant de sa violation et n’a pas mis en place les garanties nécessaires pour assurer que l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental se fasse au bénéfice du peuple de ce territoire.
Devant de telles évidences, a-t-il poursuivi, il me semble que « l’UE doit tirer les leçons qui s’imposent ».
Les manoeuvres de la Commission européenne inquiètent, en outre, le ministre sahraoui qui craint que « ce qui se trame ici au niveau de l’UE (…) pourrait affaiblir et remettre en cause tous les efforts entrepris pour la recherche d’une solution pacifique » au conflit au Sahara occidental.
Mohamed Sidati s’inquiète particulièrement des conséquences des agissements de l’UE sur « les efforts des Nations unies » et sur « la mise en oeuvre de ses résolutions, notamment l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».
Le ministre sahraoui a estimé, par ailleurs, que le peuple sahraoui à travers son représentant le Front Polisario est en droit de demander réparation pour le préjudice subi en raison de la non- application de la décision de la CJUE qui avait conclu que les accords d’association et de libéralisation UE-Maroc ne s’appliquent pas au Sahara occidental.
« Nous sommes en concertation avec nos avocats et en train d’étudier la situation pour explorer toutes les possibilités et frapper à toutes les portes en vue de faire prévaloir les droits du peuple sahraoui et arrêter le pillage de ses ressources naturelles », a-t-il indiqué.
M. Sidati a jugé « inadmissible » que l’arrêt de la CJUE ne soit pas respecté par les concernés, en l’occurrence la commission européenne « manipulée par la France et l’Espagne ».
Néanmoins, il s’est félicité de l’attitude de certaines firmes internationales qui ont décidé de se retirer du Sahara occidental.

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